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lundi 12 septembre 2016

Quand soufflera le vent de l'aube – Emma Fraser


 Quand la jeune Isabel Mackenzie quitte Édimbourg pour la petite île de Skye, elle croit qu'elle n'aura rien à y gagner. C'est pourtant là qu'elle décidera de la façon dont elle veut mener sa vie. Fille de docteur, elle a toujours voulu être infirmière, mais en suivant son père elle prendra goût à la chirurgie et fera tout pour suivre ses pas. Et parce qu'elle veut se consacrer toute entière à ce métier si fermé aux femmes, elle doit renoncer aux avances d'Archie, un fils de métayer ambitieux et rêveur, et dont la petite sœur – Jessie – souhaite aussi devenir infirmière.
Dès le premier jour pourtant, leurs destins sont liés : autour de leurs ambitions, si grandes dans cette île si petite où tout se sait et, bientôt, par un grand secret jalonné de non-dits .
A la suite d'un événement mystérieux, Archie quitte Skye pour l'Amérique tandis qu'Isabel part pour Edimbourg se former à la médecine. Quand Jessie quitte enfin l'île à la mort de sa mère, ses pas suivront ceux d'Isabelle en Ecosse, puis en France et en Serbie quand la Première Guerre Mondiale éclate, leurs deux destins au coeur des combats.

Ce roman est tiré d'une histoire vraie, celle des infirmières et des doctoresses de'Hôpital féminin écossais, qui ont vraiment eu leur rôle à jouer durant la guerre de 14-18. Je dirai que ce livre est un roman féminin, dans sa particularité qu'il montre à quel point les deux sexes doivent se soutenir pour grandir. Les deux figures féminines croisent une multitudes d'hommes, avec des visions de la place de la femme très diverses.
l
Quand soufflera le vent de l'aube, c'est un combat de bout en bout : pour rêver dans une société qui le leur refuse, pour imposer leurs ambitions quoi qu'il arrive... et pour leur survie, la leur et celle des autres surtout.



Emma Fraser / Quand soufflera le vent de l'aube / paru aux éditions Robert Laffont en 2016 / 520 pages

dimanche 5 juin 2016

L'Ombre du vent - Carlos Ruiz Zafon



Dans une Barcelone de ténèbres qui se relève difficilement de la guerre, le jeune Daniel Sempere se réveille sans pouvoir se rappeler le visage de sa mère défunte. Son père, libraire généreux et mélancolique, le guide alors à travers la ville vers un lieu méconnu et mystérieux : le Cimetière des Livres Oubliés.
Contre la promesse de garder l'existence de cet endroit secrète, Daniel gagne le droit de s'enfoncer dans le labyrinthe des étagères et d'y prendre un livre, un unique ouvrage qu'il devra toujours conserver avec lui. Une force invisible - le destin ! - le mène vers un petit roman : Daniel adopte L'Ombre du vent, de Julian Carax.

«Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à notre cœur. Ces premières images, l'écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais ou tôt ou tard - et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d'univers nous découvrons-, nous reviendrons un jour. Pour moi, ces pages ensorcelées seront toujours celles que j'ai rencontrées dans les galeries du Cimetière des Livres Oubliés. »

Happé par la plume de cet écrivain inconnu, l'enfant veut tout apprendre de sa vie et de son œuvre. Grâce à Gustavo Barcelo, une connaissance de son père fin connaisseur de livres d'occasion, il met un pas dans le mystère que représente Julian Carax. Romancier génial qui n'a pourtant connu aucun succès, il aurait quitté Barcelone et passé un temps à Paris avant de disparaître. De nombreuses rumeurs courent, et tout le monde le croit mort.


Daniel va grandir dans l'ombre de ce roman et de son auteur. Ensorcelé par la nièce de Barcelo, Clara, il va oublier un temps sa quête avant de s'y replonger corps et âme. Marchant dans les pas de Julian, Daniel s'enfonce dans les profondeurs d'une Barcelone inquiétante où rôde un personnage malveillant sorti tout droit d'un roman de Carax : qui se cache derrière l'apparence de Lain Coubert, cet homme terrifiant au visage brûlé qui cherche les romans de Julian pour les détruire ? Daniel lèvera le voile sur un mystère bien plus épais, et bien plus sombre qu'il n'y paraît.

«  En fait, ce que je veux te montrer appartient à une histoire. [...] Il s'agit d'une histoire de livres, [...] de livres maudits, de l'homme qui les a écrits, d'un personnage qui s'est échappé des pages d'un roman pour le brûler, d'une trahison et d'une amitié perdue. Une histoire d'amour, de haine, et de rêves qui vivent dans l'ombre du vent. »


Je suis une admiratrice inconditionnelle des romans de Carlos Ruiz Zafon, et de leur ambiance si particulière, ensorcelante et inquiétante à la fois. Mon favori reste celui-ci, que je présente à cor et à cri comme mon livre préféré. L'histoire de Daniel est tout bonnement passionnante, et suivre son cheminement de 1945 à 1956 donne vraiment à voir le développement de sa personnalité. Les autres personnages sont tout aussi intéressants : mention spéciale au fantastique et indescriptible Fermin Romero de Torres, qui est sans aucun doute le personnage le plus drôle que j'ai jamais rencontré dans un livre. Et bien entendu, la quête de Daniel tournant autour d'un roman enchantera tous les amoureux des livres ! On regrette simplement que les œuvres de Carax ne soient pas réelles !
Toutefois, pour se consoler, Carlos Ruiz Zafon a eu la merveilleuse idée de donner une suite à ce roman, et pas que ! La saga du Cimetière des Livres Oubliés se poursuit avec Le Jeu de l'ange (qui se passe avant la naissance de Daniel), et Le Prisonnier du ciel (où notre héros est adulte !). Un quatrième et dernier tome devrait venir conclure la série, et j'attends sa sortie avec une impatience non dissimulée !


Carlos Ruiz Zafon / L'Ombre du vent / paru en Espagne en 2001 et en France en 2004 chez Grasset / 636 pages pour l'édition de poche

lundi 25 avril 2016

Pandora Hearts - Jun Mochizuki


 Dans un monde aux airs d'Angleterre victorienne, quatre familles ducales se partagent le pouvoir. Oz est l'héritier de la maison Vessalius et, fêtant tout juste son quinzième anniversaire, il doit célébrer sa cérémonie de passage à l'âge adulte. Alors qu'Oz explore le manoir de ses ancêtres avec sa petite sœur Ada et son fidèle valet Gilbert (prononcez à l'anglaise : "guilbeurte"), une série d'évènements préfigure le drame à venir : une musique que lui seul peut entendre, une tombe illisible dissimulée sous terre, une montre à gousset qui ne semble attendre que lui, une vision cauchemardesque... et des êtres encapuchonnés dissimulés dans l'ombre.
Pendant la cérémonie, les événements se précipitent : on a souvent raconté à Oz une histoire effrayante pour enfants turbulents, l'existence d'une prison hors du temps qui renferment toutes les personnes mauvaises sans espoir de retour... Une légende, disait-il. Sauf que les intrus encapuchonnés font irruption pour l'y envoyer.

«  Ton crime est ta propre existence. »

La sentence est prononcée, et une grande créature aux ailes noires apparaît tandis que des chaines entrainent Oz vers les profondeurs abyssales...

« On m'avait dit que là-bas, tout n'était que ténèbres...
Mais ce n'était pas vrai. »

Dans cette dimension parallèle, le garçon est vite en danger, mais est sauvé par Alice, surnommée « le lapin noir », une créature à l'apparence d'une jeune fille qui veut elle aussi s'échapper de l'abysse. Les deux enfants semblent s'être trouvés, leur instinct les poussant à se faire confiance malgré l'étrangeté de la situation. Dans une position critique, Oz accepte de conclure un pacte avec Alice pour qu'ils réintègrent le monde des humains.


De retour, Oz se réveille dans le domaine de la famille Rainsworth, où il est accueilli par la jeune héritière Sharon, son clownesque serviteur Break et le mystérieux Raven, tous trois membres de la société Pandora qui lutte contre les créatures venues de l'abysse. Contrainte à défendre sa cause, Alice avoue qu'elle a voulu s'échapper pour retrouver ses souvenirs, ayant perdue la mémoire en arrivant dans l'abysse. Oz va rapidement comprendre qu'il doit travailler pour Pandora et suivre le lapin noir dans sa quête pour espérer comprendre quel est le crime dont on l'accuse...

« Souviens-toi d'une chose Oz... Ce n'est pas forcément l'espoir
que tu trouveras au bout du chemin... »

« Tu as choisi le lapin noir... Un jour tu t'en mordras les doigts ! »


Ce que vous venez de lire est un (très) grossier résumé du tome 1, qui pose à peine les bases de l'histoire. Avant de lire ce manga, il faut savoir que Jun Mochizuki a créé un univers assez  restreint finalement, mais très dense : on a énormément d'informations à digérer dès le début, et ce jusqu'à la fin, mais c'est ce qui rend cette série si passionnante ! C'est sans conteste le meilleur manga que j'ai lu de toute ma vie, sans mentir. Je le considère comme un chef d'œuvre, vraiment. Je n'insisterai jamais assez là-dessus. L'intrigue est époustouflante, il y a des rebondissements constants, des révélations totalement inattendues, et la fin n'est absolument pas décevante... Les personnages sont trèèèès attachants, complexes et torturés. En gros, ce manga est un véritable labyrinthe dans lequel on se perd avec délectation !


L'auteure s'est grandement inspirée de l'univers de Lewis Carroll (vous l'aurez compris avec la mention d'Alice et du lapin...) : l'abysse est une sorte de pays des merveilles cauchemardesque, et on retrouve des personnages tels que le Chapelier fou, le Loir, ou encore la Reine de cœur. Dès le début, les illustrations sont assez réussies, mais le style de Jun Mochizuki s'affirme au fil des tomes et devient tout bonnement merveilleux. Les (magnifiques) couvertures montrent chacune un personnage différent, et même les titres des chapitres sont travaillés : ils ont chacun un titre (souvent en anglais) et un sous-titre (en français) assez mystérieux et souvent symboliques.
Et c'est un réel plaisir de re(re)lire ce manga une fois que la vérité sur cette « fable grotesque » est révélée...


Jun Mochizuki / Pandora Hearts / 24 tomes et 3 hors séries publiés en France de 2010 à 2016 aux éditions Ki-oon



dimanche 13 mars 2016

Otto, autobiographie d'un ours en peluche – Tomi Ungerer




«  J'ai compris que j'étais vieux le jour où je me suis retrouvé dans la vitrine d'un antiquaire.  »



     Otto est un ours en peluche, offert au petit David pour son anniversaire. Dans l'Allemagne des années 40, l'ours connait une existence paisible, de jeux et de farces, au côté de son ami et d'Oskar, leur voisin. Mais quand David rentre de l'école avec une étoile jaune cousue à sa veste, puis quand sa famille est contrainte de quitter leur logement et sont emmenés vers un ailleurs incertain, Otto est confié à Oskar. Le quotidien est empli de la nostalgie de leurs jeux passés, jusqu'à ce que la guerre éclate... Séparés de ses deux protégés, Otto passe de main en main, de pays en pays, et nous dévoile à travers son parcours atypique les différentes facettes de la Seconde Guerre Mondiale.



   J'ai lu cet album pour la première fois lorsque j'avais neuf ans, et à l'époque il m'avait fait un effet considérable. Tomi Ungerer est souvent critiqué pour la violence de ses albums, qui n'épargnent pas forcément les enfants. Les critiques vont bien trop loin à mon avis : Tomi Ungerer est pour moi un incontournable de la littérature de jeunesse, qui aborde effectivement des thèmes délicats mais de telle façon qu'il montre la réalité aux enfants, et seulement la réalité qu'ils sont capables de supporter. Oui, on aperçoit du sang et deux cadavres au fil des pages. Et alors ? Il faut faire confiance aux enfants pour prendre instinctivement du recul en ce qui concerne les images. Malgré les illustrations parfois sombres, les pages restent blanches, ce qui les empêchent de devenir effrayantes.

Cet album est un bijou. C'est avec lui que j'ai abordé pour la première fois le thème de la Seconde Guerre mondiale en dehors des cahiers d'école. Ungerer répond à certaines questions des enfants, tout en laissant une large ouverture à d'autres interrogations : aux parents d'expliquer ce que sont les « camps de concentration » et les « chambres à gaz » qui sont seulement évoqués à la fin. Et n'ayez pas peur pour vos enfants : c'est un happy end malgré tout !



POUR CEUX QUI L'ONT LU...
/!\ spoilers

     Otto donne vraiment à voir des aspects divers de la guerre, et tout en dévoilant un peu sa réalité, montre par sa fin « heureuse » que cette guerre horrible n'a pas non plus détruit le monde et l'humanité. Rappelez-vous ce soldat américain touché par balle car il a été interpellé par la vision de cet ours en peluche couché parmi les gravas, ou cette vieille SDF qui sauve l'ourson de la benne à ordures où il allait passer le reste de ses jours pour le confier à un antiquaire... Enfin, rappelez-vous Oskar et David qui, alors qu'ils se sont quittés, enfants, au début de la guerre, se retrouvent finalement pour former avec leur fidèle compagnon en peluche une colocation de septuagénaire !
Envie de le relire ? Foncez ! Mettez-le entre les mains de vos enfants, ainsi que les autres albums de Tomi Ungerer !


Tomi Ungerer / Otto, autobiographie d'un ours en peluche / paru en 1999 à l'Ecole des loisirs / 33 pages / Officiellement à partir de 6 ans (mais je vous conseille d'attendre les 8 ans)




mardi 8 mars 2016

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut


I knew a man Bojangles
And he danced for you
In worn out shoes
With silver hair, a ragged shirt
And baggy pants, the old soft shoe
He jumped so high, he jumped so high
Then he lightly touched down



La voix de Nina Simone se fait entendre dans le salon, invitant Mister Bojangles (prononcez Bodjèngueuls) à danser. Georges, le père, est le portrait craché du cavalier prussien qui est immortalisé sur le tableau accroché dans le couloir, mais c'est aussi son propre grand-père, ami de Dracula et ancien amant de Josephine Baker. Pour ça, elle l'a aimé immédiatement.
Vous ne me croyez pas ?
Vous avez bien raison ! Tout cela est faux, mais c'est lors de cette discussion farfelue que Georges a arrêté de s'inventer des vies auprès des inconnus, pour enfin passer la sienne avec cette femme, sans nom mais qui les porte tous, et aussi extravagante que lui, si ce n'est plus...


« Le temps d'un cocktail, d'une danse, une femme folle et chapeautée d'ailes, m'avait rendu fou d'elle en m'invitant à partager sa démence. »


       Leur vie n'est que folie et mensonge, mais c'est cela qui la rend si merveilleuse. Cette folie douce, jubilatoire, contagieuse, fait de l'existence de cette famille une fête perpétuelle, entre les soirées entre amis et les vacances au paradis (comprenez un château en Espagne).

Mais les mensonges des uns ne cacheraient-ils pas la vérité des autres ? C'est ce que le jeune narrateur et son père vont découvrir, brutalement, comme une remise en question du quotidien qu'ils croyaient inaltérable. Animés par l'amour – tout à fait immuable cette fois – qu'ils portent pour leur épouse et mère, Georges et son fils vont embrasser cette déraison en laquelle ils ne peuvent pourtant plus croire tout à fait, juste pour préserver encore un peu leur vie de famille si particulière et faire résonner un temps encore cette invitation à danser avec Bojangles.



Ma libraire m'a conseillé ce roman en me présentant Olivier Bourdeaut comme celui qui deviendra l'un des grands auteurs de notre époque. Quand on vous dit ça, évidemment, vous avez envie de lire le roman. Mais je dois dire que l'objet-livre en lui-même est déjà pas mal attirant ! La couverture très colorée, en carton, rappelle le pop art de Roy Lichtenstein. Elle donne immédiatement envie de danser, tout comme lorsque l'on ouvre les pages. D'ailleurs, impossible pour ceux qui ne connaissent pas la chanson de ne pas céder à la tentation d'aller écouter Nina Simone. ( Je vous mâche le travail → https://www.youtube.com/watch?v=LzofnHLOer4 )...
Un magnifique roman, touchant mais aussi très drôle. Olivier Bourdeaut n'a plus à douter en se sentant petit face à sa bibliothèque, il rejoindra bientôt tous les grands auteurs qui y sont alignés. Il a déjà une place attitrée dans la mienne !


POUR CEUX QUI L'ONT LU...
/!\ spoilers


Ma libraire n'avait pas tort, ce roman est vraiment génial. On entre vraiment dans un autre monde, semblable au nôtre, mais décalé d'une manière ou d'une autre. On a terriblement envie de rejoindre le narrateur et ses parents afin de danser avec eux, mais en même temps on a une certaine appréhension, comme si on sentait déjà que quelque chose clochait.
Quelque chose cloche : les mensonges que Georges déblatérait pour s'amuser, Georgette/Pauline/Renée les prenait pour la réalité. Elle ne disait que la vérité, sa vérité en tout cas. Cette révélation est assez terrible pour Georges comme pour nous. Même le narrateur savait que tout cela n'était que des mensonges, il les affirme comme tel depuis le début. Là, on comprend que l'excentricité de Miss Bojangles cache une véritable folie, tapie dans l'ombre depuis toujours, déguisée. Il est touchant de voir comme les mensonges sont bénéfiques, et seulement bénéfiques, dans ce roman. Mensonges pour s'amuser et sans blesser quiconque, mensonges par amour, mensonges pour que tout aille bien ou pour que cela en donne l'impression... Mensonge pour vivre puis pour survivre. Malgré tous leurs efforts, elle n'arrivera pas à vivre en connaissant la vérité derrière le mensonge, la lucidité ne lui laisse pas le droit de poursuivre la mascarade. Et l'absence ne permettra pas à Georges de survivre non plus. A peine le roman est-il fini qu'on est déjà nostalgique de ces danses endiablées, des soirées interminables et des cavales qu'on passe déguisés en américains tape-à-l'oeil. Comme le narrateur, on se demande comment on va vivre sans eux, et comment les gens ont pu vivre sans eux jusque là... 



CITATIONS BONUS !


«  Papa hurlait :
- Pauline, où sont mes espadrilles ?
Et Maman répondait :
- A la poubelle, Georges ! C'est encore là qu'elles vous vont le mieux !
Et Maman lui lançait :
- Georges, n'oubliez pas votre bêtise, on en a toujours besoin.
Et mon père répondait :
- Ne vous en faites pas Hortense, j'ai toujours un double sur moi ! » 

~

«  Je ne peux pas passer mes journées à vous attendre, je ne peux pas vivre sans vous ! Votre place est avec nous deux... Pas une seconde, surtout pas une journée ! D'ailleurs, je me demande bien comment font les autres pour vivre sans vous, chuchota-t-elle. »

~

«  En les observant, assis sous un olivier, rire et discuter en offrant leur visage blanc au soleil, je m'étais dit que jamais je ne regretterai d'avoir commis une folie pareille. Un si beau tableau ne pouvait être le fruit d'une erreur, d'un mauvais choix, un éclairage si parfait ne pouvait entraîner aucun regret. Jamais. »



Olivier Bourdeaut / En attendant Bojangles / Roman paru en 2016 chez Finitude / 160 pages